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Limonade Haiti: Fete Chanpete

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Chaque année, Limonade connaît son heure de gloire à l'occasion de la célébration de la fête de sainte Anne, patronne de la ville. Des milliers de visiteurs, pèlereins ou non, affluent de toutes parts. Et nombreux sont des Limonadiens vivant loin de leur ville qui profitent de l'occasion pour revenir chez eux, le temps de visiter quelques parents et amis et de danser au rythme des ochestres Tropicana et Septentrional.


Pour certains, comme Eddy Lagredelle et sa compagne Maude, l'heure n'est pas aux réjouissances. C'est plutôt le moment de travailler dur et de réaliser de bonnes affaires.

Une semaine avant la fête, ils sont déjà mobilisés. Il leur faut rapidement aménager la portion de terrain vide qui se trouve devant la maison, idéalement située juste en face de la place d'armes de Limonade. Une tonnelle faite de bambou et couverte de paille est rapidement érigée afin de pouvoir accomoder le maximum de clients. Les tables et les chaises sont vite installées et les glacières remplies de boissons et de glace.

Lui s'occupe de la caisse et de la boisson et elle de la cuisine. L'horaire est terrible. Dès 5 heures du matin, les premiers lève-tôt arrivent pour le premier verre qui est rapidement suivi d'un second et d'un troisième. S'imbibant le foie d'alcool, ils attendent patiemment, parlant de tout et de rien. Eddy est déjà sur les dents pendant que Maude s'affaire à la cuisine. A six heures, il faut que le maïs de ces messieurs soit prêt. Aussitôt après les avoir servis, il faut commencer à préparer le repas du midi, pendant que les buveurs continuent à harceler leur hôte. Et cela continue ainsi jusqu'à deux ou trois heures du matin, quand Maude a enfin servi ses derniers plats de tassot et de griot et que, prenant son courage à deux mains, Eddy arrive à mettre à la porte les derniers fêtards. Dans deux heures, il faudra recommencer... On aura bien le temps de se reposer après la fête.

Pour ceux qui participent à la foire gastronomique, la situation n'est pas différente. On dort sur place, on se lave comme on peut et on se change là où l'on se trouve. On ne sait comment ils font pour satisfaire certains besoins, car on ne voit ni toilettes ni bains publics. Dieu seul sait dans quel état se retrouveront les alentours de la place, une fois la fête terminée... L'hygiène n'est sûrement pas au rendez-vous.

En attendant les bals et les cérémonies officielles, les pèlerins, par leur envahissante présence, font déjà sentir cette ambiance si particulière de nos fêtes champêtres. Arrivés durant la nuit, ils ont déjà envahi les rues avoisinant l'église Sainte-Anne et asservissent à leurs besoins les trottoirs sur lesquels ils étalent leurs nattes et autres « atè miyò », quand il ne s'allongent pas tout bonnement à même le sol. Certaines rues secondaires, plutôt étroites, dans lesquelles ils bivouaquent, allumant leurs feux et installant leurs chaudières sur le traditionnel « twa ròch dife », sont complètement obstruées par les bus, camions et autres véhicules ayant servi à les convoyer, ce qui rend la circulation extrêmement difficile dans une ville qui n'est pas conçue pour recevoir tant de visiteurs et de véhicules simultanément.

Les colporteurs et les marchandes ont occupé manu militari les abords de la place avec leurs lots de marchandises de toutes sortes, ajoutant une note bariolée à la verdure des sabliers doublement centenaires qu'aurait, semble-t-il, fait planter le monarque du Nord, Henri 1er. Devant leurs étalages, les habitants des villages environnants défilent, quelques-uns d'entre eux arborant le bleu et le blanc, couleurs traditionnels des pèlerins, à la recherche d'une bonne affaire.

Certains Limonadiens de condition modeste profitent du manque d'infrastructure hôtelière pour se faire un petit pactole en louant leur maison, le temps des festivités, à des visiteurs pris au dépourvu. Eux, ils logeront chez des parents ou dormiront sur la cour, à la belle étoile, en priant Dieu qu'il ne pleuve pas.

Et, pendant ce temps, l'alcool coule à flots. Porcs, cabris, poulets sont égorgés par dizaines pour le grand bonheur des épicuriens qui attendent impatiemment le moment d'aller danser.

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